Véhicule de société : fiscalité, taxes et optimisations

Sommaire

📋 En résumé

 

✓ Un véhicule de société est un véhicule acheté, loué ou en crédit-bail par une entreprise (carte grise au nom de la société), utilisé pour les déplacements professionnels.

✓ Il se distingue du véhicule de fonction (usage pro + perso, avantage en nature imposable) et du véhicule de service (usage professionnel strict, pas d’avantage en nature).

✓ L’entreprise supporte tous les frais : achat/loyer, assurance, entretien, carburant.

✓ Fiscalement : taxes annuelles sur les émissions de CO₂ et polluants (ex-TVS), TVA non récupérable sur VP, plafonds d’amortissement selon les émissions.

✓ Les véhicules 100 % électriques bénéficient du régime le plus favorable : exonération de taxes, plafond d’amortissement à 30 000 €, abattement de 70 % sur l’avantage en nature (jusqu’au 31/12/2027).

Un véhicule de société, c’est quoi exactement, et pourquoi sa fiscalité mérite-t-elle une attention particulière ? Pour une entreprise, le choix d’une flotte automobile ne se limite pas à la sélection de modèles performants ; il s’agit d’un véritable levier de gestion financière. 


Qu’il appartienne à l’entreprise ou qu’il soit affecté à un usage mixte, le véhicule de société est au cœur d’un écosystème fiscal complexe. Entre la TVA, les taxes sur les émissions (ex-TVS), les avantages en nature et les plafonds d’amortissement, chaque décision impacte directement votre résultat imposable. 


Cependant, cette complexité est aussi une opportunité : bien structurée, la gestion d’un véhicule de société peut représenter une économie significative pour votre entreprise.

Véhicule de société ou véhicule de fonction : quelle différence ?

Il est fréquent de confondre ces deux notions, pourtant leur traitement fiscal et social diffère radicalement. Comprendre cette distinction est la première étape pour optimiser les coûts de votre mobilité d’entreprise.

Le véhicule de société : un outil de travail appartenant à l'entreprise

Le véhicule de société, souvent appelé véhicule de service, est un outil de travail inscrit à l’actif de l’entreprise ou loué par celle-ci. En théorie, son usage est strictement limité aux besoins professionnels. Le salarié l’utilise pour ses déplacements durant ses heures de travail et doit, la plupart du temps, le laisser sur le parking de l’entreprise le soir et le week-end. On y retrouve typiquement :

  • Les véhicules utilitaires (fourgonnettes, camions) ;
  • Les voitures de démonstration ;
  • Les véhicules affectés à des techniciens ou des commerciaux pour leurs tournées.

Le véhicule de fonction : quand la voiture suit le salarié

À l’inverse, le véhicule de fonction est mis à la disposition permanente du collaborateur. Cela signifie qu’il peut l’utiliser pour ses trajets professionnels, mais aussi pour ses déplacements personnels (soirées, week-ends, congés). Cette mise à disposition constitue un avantage en nature, car elle évite au salarié l’achat et l’entretien d’un véhicule personnel. Cet avantage est soumis à cotisations sociales pour l’employeur et à l’impôt sur le revenu pour le salarié. C’est un élément clé de la politique de rémunération et d’attractivité des talents.

📌 À retenir : Un véhicule de société utilisé à des fins personnelles par un salarié devient automatiquement un véhicule de fonction, avec toutes les conséquences fiscales et sociales que cela implique, notamment la réintégration d’un avantage en nature.

Quelles taxes s'appliquent aux véhicules de société ?

La fiscalité automobile a profondément évolué ces dernières années pour encourager la transition énergétique. Voici les principales contributions dont les entreprises doivent s’acquitter.

Taxe Champ d'application Période de déclaration
Taxe sur les émissions de CO2 Véhicules de tourisme (VP) Janvier (via TVA ou IS)
Taxe sur les polluants atmosphériques Véhicules de tourisme (VP) Janvier (via TVA ou IS)
Malus écologique À l'immatriculation (selon CO2) Lors de l'achat
Malus au poids Véhicules > 1 500 kg Lors de l'achat

La taxe sur l'affectation des véhicules de tourisme (ex-TVS) : comment ça fonctionne ?

Depuis 2024, l’ancienne Taxe sur les Véhicules de Sociétés (TVS) a été remplacée par deux taxes distinctes : la « taxe annuelle sur les émissions de CO2 » et la « taxe annuelle sur les émissions de polluants atmosphériques ». Elles concernent les véhicules de tourisme utilisés par l’entreprise, qu’ils soient possédés ou loués. La déclaration s’effectue annuellement en janvier via l’annexe 3310-A de la déclaration de TVA ou via le formulaire de l’impôt sur les sociétés.

 

Nouveautés 2026 : La Loi de finances pour 2026 (art. 58) a revalorisé les tarifs de la taxe sur les polluants atmosphériques, restés stables depuis 2024. Par ailleurs, le seuil de déclenchement de la taxe CO2 passe à 5 g de CO2/km au 1er janvier 2026 (contre 10 g/km en 2025), élargissant mécaniquement le nombre de véhicules imposables. Les barèmes continueront d’augmenter progressivement jusqu’en 2027.

 

Depuis le 1er mars 2025, une troisième taxe s’ajoute pour les entreprises disposant d’une flotte d’au moins 100 véhicules : la Taxe Annuelle Incitative au Verdissement (TAI). Elle vise à accélérer l’électrification des parcs avec un quota de 18 % de véhicules à faibles émissions requis en 2026 (15 % en 2025, jusqu’à 48 % en 2030). Le tarif est de 4 000 € par point d’écart à l’objectif en 2026.

Les véhicules électriques et hybrides sont-ils exonérés de taxe ?

Les véhicules 100 % électriques ou fonctionnant à l’hydrogène bénéficient d’une exonération totale des deux taxes annuelles (CO2 et polluants). Au-delà de ces taxes, ils bénéficient également depuis le 1er février 2025 d’un abattement de 70 % sur l’avantage en nature (évalué au forfait), plafonné à 4 582 € par an et valable jusqu’au 31 décembre 2027. Concrètement, un salarié utilisant un véhicule de fonction 100 % électrique voit la valeur imposable de son avantage en nature considérablement réduite.

 

Pour les véhicules hybrides, la situation s’est nettement durcie : depuis le 1er janvier 2025, les hybrides rechargeables ne sont plus exonérés de la taxe CO2 et ne bénéficient plus de l’abattement spécifique réservé aux électriques pour l’avantage en nature. Seuls les véhicules roulant au superéthanol E85 profitent encore d’un abattement de 40 % sur leurs émissions de CO2. Le message réglementaire est clair : seul le zéro émission reste fiscalement encouragé.

La TVA sur les véhicules de société : que peut-on récupérer ?

La règle générale est la suivante : la TVA sur l’achat ou la location d’un véhicule de tourisme (VP) n’est pas récupérable. En revanche, elle l’est intégralement (100 %) pour les véhicules utilitaires (VU). 

 

Concernant le carburant, la récupération est de 80 % pour l’essence et le diesel sur les VP, et de 100 % pour les VU. L’électricité utilisée pour recharger les véhicules fonctionnant exclusivement à l’électricité est récupérable à 100 %, y compris pour les VP (art. 206 annexe II CGI). 

 

Cette déduction s’applique uniquement à l’usage professionnel : la recharge à domicile par un salarié sans facturation à l’entreprise n’est pas déductible. Elle ne concerne pas les hybrides rechargeables.

Achat, location ou leasing : quel mode d'acquisition choisir pour optimiser la fiscalité ?

Trois options s’offrent à vous :

 

  1. L’achat comptant ou à crédit : Vous êtes propriétaire, le véhicule est à l’actif. L’intérêt réside dans la déduction des intérêts d’emprunt et de l’amortissement.
  2. La Location Longue Durée (LLD) : Vous payez un loyer correspondant à l’usage. Fiscalement, les loyers sont déductibles du résultat (sous réserve des plafonds d’amortissement pratiqués par le loueur).
  3. La Location avec Option d’Achat (LOA) : Un compromis qui permet de louer avec une possibilité de rachat final.
 

Chez Cobredia Mobility, nous analysons votre situation pour déterminer le montage financier le plus efficient selon votre trésorerie et vos objectifs fiscaux, contactez-nous.

L'avantage en nature véhicule : comment est-il calculé et imposé ?

L’avantage en nature véhicule peut être évalué soit au réel, soit au forfait.

 

  • Au réel : prise en compte des dépenses effectivement supportées par l’employeur (amortissement ou loyers, assurance, entretien, carburant le cas échéant), au prorata de l’usage privé.

 

  • Au forfait : pour les véhicules mis à disposition depuis le 1er février 2025, l’avantage est évalué à 15 % du coût d’achat pour un véhicule de 5 ans ou moins (20 % si le carburant est également pris en charge), ou à 50 % du coût global annuel pour un véhicule loué (67 % avec prise en charge du carburant). Les véhicules mis à disposition avant cette date continuent de relever de l’ancien barème (9 %, 12 %, 30 % et 40 %).

Exemple chiffré : Pour un véhicule loué 6 000 €/an TTC mis à disposition à compter du 1er février 2025, l’AEN forfaitaire sera de 3 000 € par an (50 % × 6 000 €). Avec l’ancien barème (mise à disposition avant le 1er février 2025), il était de 1 800 € (30 % × 6 000 €). Ce montant est ajouté au salaire brut pour le calcul des cotisations et de l’impôt. Retrouvez plus d’informations sur les avantages en nature des véhicules de fonction dans notre guide dédié.

Comment optimiser la fiscalité de son véhicule de société ?

Optimiser sa flotte demande une approche proactive. Voici nos leviers recommandés :

Choisir des véhicules à faibles émissions pour réduire les taxes

Privilégier l’électrique offre un triple avantage fiscal en 2026 : suppression totale des taxes annuelles (CO2 et polluants), plafond d’amortissement majoré à 30 000 € (contre 9 900 € pour un véhicule thermique polluant), et abattement de 70 % sur l’avantage en nature pour les collaborateurs (plafonné à 4 582 €/an, valable jusqu’au 31 décembre 2027). Sans oublier l’exonération du malus écologique et du malus au poids. C’est aussi un signal fort pour votre politique RSE.

Bien distinguer usage professionnel et usage personnel

Une gestion rigoureuse des carnets de bord permet d’éviter les requalifications fiscales coûteuses et de justifier la part réelle de chaque usage.

Optimiser la récupération de TVA sur les dépenses de carburant

Passez à l’électrique ou uniformisez votre flotte pour simplifier la gestion de la TVA et maximiser les déductions sur l’énergie consommée.

Réaliser un audit de parc pour identifier les économies possibles

L’analyse du TCO (Coût Total de Possession) est indispensable. Elle permet de détecter les véhicules dont le coût fiscal et de maintenance devient prohibitif.

🚗 Chez Cobredia Mobility, nous accompagnons les entreprises dans la gestion et l’optimisation de leur flotte auto, de la sélection des véhicules au financement, en passant par les conseils en fiscalité.

Charges déductibles et impôt sur les sociétés : ce que l'entreprise peut vraiment déduire

Quelles dépenses liées au véhicule sont déductibles du résultat ?

L’entreprise peut déduire la majorité des frais engagés pour ses véhicules, à condition qu’ils soient justifiés par l’activité :

  • Loyers de LLD ou LOA (dans la limite des plafonds) ;
  • Intérêts d’emprunt ;
  • Frais d’entretien, de réparation et assurance ;
  • Frais de carburant, de stationnement et de péage ;
  • Amortissement (limité à 30 000 € pour les véhicules émettant moins de 20 g/km de CO2, soit en pratique les 100 % électriques ; 18 300 € pour les thermiques peu polluants ; 9 900 € pour les plus polluants). Ces plafonds sont confirmés pour 2026.

Attention aux charges non déductibles : Les amendes et contraventions ne sont jamais déductibles, tout comme la part de l’amortissement dépassant les plafonds légaux.

Questions fréquentes sur les véhicules de société

Un dirigeant peut-il utiliser un véhicule de société à titre personnel ?

Oui, mais cela doit être déclaré comme un avantage en nature. Si le dirigeant est TNS (Travailleur Non Salarié), les modalités de calcul peuvent varier légèrement, mais le principe de réintégration fiscale demeure.

Oui, le salarié ou le dirigeant peut utiliser son propre véhicule et se faire rembourser selon le barème kilométrique de l’URSSAF. C’est souvent une alternative intéressante pour les petits rouleurs.

La revente peut générer une plus-value soumise à l’impôt sur les sociétés. De plus, la TVA n’étant généralement pas récupérée à l’achat sur un VP, la revente se fait souvent sans TVA, sauf cas particuliers.

En micro-entreprise, le régime fiscal repose sur un abattement forfaitaire appliqué au chiffre d’affaires (50 %, 71 % ou 34 % selon l’activité), qui se substitue à toute déduction de charges réelles. Cet abattement est censé couvrir l’ensemble des frais professionnels, y compris les frais de véhicule. Même si un micro-entrepreneur peut techniquement inscrire un véhicule à son actif, il ne peut pas déduire l’amortissement en sus de cet abattement. L’achat d’un véhicule au nom de la micro-entreprise est donc rarement fiscalement avantageux pour ce statut.

En principe, un véhicule de société est réservé aux déplacements professionnels. Son usage personnel est interdit, sauf autorisation explicite de l’employeur — idéalement formalisée par écrit dans le contrat de travail ou un avenant.

 

Si cette autorisation existe, l’utilisation personnelle devient un avantage en nature, soumis aux charges sociales et à l’impôt sur le revenu. Un suivi rigoureux des usages (carnet de bord ou relevé kilométrique) est recommandé pour justifier la part professionnelle et éviter tout redressement fiscal.

 

À noter : certaines pratiques restent interdites dans tous les cas, comme prêter le véhicule à un tiers ou l’utiliser pour du covoiturage rémunéré. Un usage abusif, sans accord de l’entreprise, peut exposer le salarié à des sanctions pouvant aller jusqu’au licenciement.

La distinction tient essentiellement à l’usage du véhicule. La voiture de société — aussi appelée voiture de service — reste un outil de travail réservé aux fins professionnelles : elle ne peut pas être utilisée pour des déplacements privés, sauf autorisation écrite de l’employeur. Le soir, elle reste sur le parking de l’entreprise.

 

La voiture de fonction, elle, suit le salarié en permanence. Elle couvre aussi bien les trajets professionnels que personnels, week-ends et congés inclus. Ce type de véhicule constitue un avantage en nature, intégré à la rémunération du collaborateur et soumis à cotisations sociales ainsi qu’à l’impôt sur le revenu.

 

Autre différence notable : la voiture de fonction est inscrite au contrat de travail. L’employeur ne peut pas la retirer unilatéralement, contrairement à un véhicule de service. Ce choix impacte directement la période d’imposition et le tarif annuel des charges supportées par l’entreprise.

Un véhicule de société, c’est avant tout un outil de travail dont l’entreprise supporte tous les coûts : achat ou location, assurance, entretien, carburant. La carte grise est au nom de la société, et les dépenses viennent réduire le résultat imposable.

 

 

Les bénéfices sont multiples :

 

  • Déduction fiscale des frais réels (entretien, carburant, amortissement) du résultat de l’entreprise ;
  • Récupération partielle ou totale de la TVA sur le carburant et l’entretien, selon la catégorie du véhicule ;
  • Exonération des taxes annuelles sur les émissions de CO2 et de polluants pour certaines activités spécifiques (transport de passagers, auto-écoles, véhicules adaptés aux personnes en fauteuil roulant) ;
  • Attractivité RH renforcée pour fidéliser les collaborateurs.
 

Opter pour des modèles à faible niveau d’émissions de dioxyde de carbone amplifie encore ces avantages fiscaux.

Oui, tout à fait. Un particulier peut légalement acquérir une voiture de société d’occasion, sans restriction spécifique. La procédure reste identique à n’importe quelle vente classique de véhicule d’occasion — la seule différence étant que le vendeur est une personne morale.

 

Quelques points de vigilance s’imposent selon le type de véhicule. Si la carte grise mentionne “DERIV VP” (catégorie N1), le véhicule est un utilitaire dérivé de voiture particulière : deux places, sans banquette arrière. Une transformation pour récupérer les sièges arrière entraîne des démarches et un coût pouvant dépasser 1 000 €, sauf exception si les deux places vous suffisent.

 

 

Autre point d’attention : le kilométrage. Les véhicules issus de flottes d’entreprise affichent souvent des compteurs élevés. Une inspection rigoureuse reste indispensable avant tout achat. L’acquérateur dispose ensuite d’un mois pour immatriculer le véhicule à son nom, via l’ANTS.

Pour les trajets courts, privilégiez la marche ou le vélo

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