L’installation d’équipements de recharge bénéficie de mesures incitatives destinées à faciliter le déploiement de la mobilité électrique. Le traitement fiscal de la borne de recharge dépend de deux variables principales : le lieu d’installation (lieu de travail ou domicile) et les modalités de propriété (restitution ou cession au salarié en fin de contrat). En 2026, l’Urssaf distingue quatre cas types, chacun avec ses règles spécifiques.
Cas n°1 : Borne installée sur le lieu de travail
Jusqu’au 31 décembre 2027, l’usage personnel d’une borne de recharge mise à disposition sur le lieu de travail n’entraîne aucun avantage en nature. Cette exonération totale s’applique même si le salarié recharge son véhicule personnel (et non un véhicule de fonction) sur cette borne. Les frais d’électricité associés sont également exclus de l’assiette des cotisations sociales.
Conditions pratiques :
- La borne doit être installée sur un site exploité par l’employeur (siège, agence, entrepôt, parking d’entreprise).
- Aucune formalité particulière n’est requise, mais il est recommandé de tracer l’installation dans un registre interne.
- L’exonération s’applique automatiquement, sans déclaration spécifique en DSN.
Ce dispositif est le plus simple à mettre en œuvre et le plus avantageux fiscalement. Il permet à l’entreprise de financer intégralement l’infrastructure de recharge sans impact sur la paie des collaborateurs.
Cas n°2 : Borne installée au domicile du salarié, restituée en fin de contrat
Lorsque l’employeur finance l’achat et l’installation d’une borne au domicile du salarié et que le contrat de mise à disposition prévoit expressément la restitution de l’équipement en fin de contrat (démission, licenciement, fin de la mise à disposition du véhicule), l’avantage en nature est considéré comme nul.
Conditions pratiques :
- Le contrat de mise à disposition (ou une annexe au contrat de travail) doit mentionner explicitement l’obligation de restitution de la borne.
- En pratique, la restitution physique d’une borne fixée au mur est complexe. L’employeur peut prévoir une clause de rachat symbolique ou de transfert de propriété à l’issue du contrat, moyennant une valorisation résiduelle.
- L’entreprise doit conserver les factures d’achat et d’installation, ainsi que le contrat signé, pendant 3 ans (prescription Urssaf).
Ce cas de figure est adapté aux situations où l’employeur souhaite garder la maîtrise de l’équipement, notamment pour les véhicules de fonction en location du véhicule (LLD) avec renouvellement régulier.
Cas n°3 : Borne installée au domicile du salarié, cédée en fin de contrat (borne de moins de 5 ans)
Lorsque l’employeur finance l’achat et l’installation d’une borne au domicile du salarié et que celle-ci reste définitivement la propriété du salarié (cession en fin de contrat ou dès l’installation), l’exonération est partielle. L’avantage en nature est nul uniquement si la participation de l’employeur ne dépasse pas 50 % des dépenses réelles engagées pour l’achat et l’installation de la borne, dans la limite de 1 057,10 € en 2026.
Exemple chiffré :
- Coût total de la borne (achat + installation) : 2 000 €.
- Participation maximale exonérée : 1 000 € (50 % de 2 000 €).
- Plafond d’exonération 2026 : 1 057,10 €.
- Montant exonéré : 1 000 € (le plafond n’est pas atteint).
- Part au-delà de 1 000 € : 1 000 € (prise en charge par le salarié ou constitue un AEN si financée par l’employeur).
Si l’employeur finance 1 500 € sur les 2 000 €, la part excédant les 1 000 € exonérés (soit 500 €) constitue un avantage en nature imposable, à réintégrer dans l’assiette des cotisations sociales et de l’impôt sur le revenu.
Conditions administratives :
- Conserver les devis et factures détaillant le coût d’achat de la borne et le coût d’installation (main-d’œuvre, fournitures, raccordement électrique).
- Établir une attestation de cession ou un contrat de mise à disposition précisant la propriété définitive du salarié.
- Déclarer l’AEN éventuel en DSN si le plafond de 50 % ou la limite de 1 057,10 € est dépassé.
Cas n°4 : Borne installée au domicile du salarié, cédée en fin de contrat (borne de plus de 5 ans)
Pour les bornes de plus de 5 ans (calculées à partir de la date de première mise en service), l’exonération est plus généreuse. L’avantage en nature est nul si la participation de l’employeur ne dépasse pas 75 % des dépenses réelles, dans la limite de 1 585,50 € en 2026.
Exemple chiffré :
- Coût total de la borne (achat + installation) : 2 000 €.
- Participation maximale exonérée : 1 500 € (75 % de 2 000 €).
- Plafond d’exonération 2026 : 1 585,50 €.
- Montant exonéré : 1 500 € (le plafond n’est pas atteint).
- Part au-delà de 1 500 € : 500 € (prise en charge par le salarié ou constitue un AEN si financée par l’employeur).
Ce cas de figure est rare en pratique, car il concerne des bornes déjà installées depuis plus de 5 ans et réutilisées pour un nouveau véhicule. Il peut également s’appliquer à des bornes d’occasion cédées par l’employeur.
Tableau récapitulatif des 4 scénarios